Aubertin :

La commune est traversée par  les ruisseaux la Bayse et la Juscle, ainsi que par un tributaire de celle-ci le Jusclet. Des affluents de la Bayse sont également présents sur la commune, les ruisseaux le Bert, de Rouède et de Houchou, ainsi qu'un tributaire de ce dernier, le ruisseau Haget.

Lorsque le toponyme Aubertin apparaît, dans des textes du début du XIIe siècle, il est bien difficile de lui associer un territoire précis. Ce que l’on sait, c’est qu’il existait une hêtraie d’Aubertin (Faget d’Aubertii), au milieu de laquelle Gaston IV de Béarn, dit le Croisé, entreprend la construction d’un hôpital dans les années 1115-1118. Cette fondation est contestée par le seigneur de Bedosse et ses descendants qui revendiquent la propriété du sol. La charte Albertine signée en 1128 résout le litige et permet le développement de l’hôpital, auquel viennent s’ajouter peu après une église, un cloître et un cimetière. Les terres cultivables s’étendent de la rive gauche de la Bayse jusqu’au sommet du coteau vers l’ouest, sur le territoire de l’actuel village de Lacommande. Au début du XIIIe siècle, ce lieu devient commanderie d’Aubertin, antenne principale du prieuré de Sainte-Christine-du-Somport sur le versant nord des Pyrénées. Par contre, l’origine de la famille de Bedosse et l’extension de son domaine restent inconnus. Pendant des siècles, c’est Monein qui ne cessera de revendiquer la propriété de cette enclave de la commanderie d’Aubertin7.

Si le territoire de l’actuel village d’Aubertin est resté longtemps dans l’orbite de la seigneurie d’Artiguelouve, la plupart des habitants semblent avoir fréquenté depuis les origines l’église de la commanderie. Le dénombrement de Gaston Febus, en 1385, fait état d’une paroisse d’Aubertiidistincte de celle d’Artiguelobe. Elle comporte un total de 46 feux, parmi lesquels 3 sont explicitement de l’hôpital d’Aubertin.

Le 30 juin 1640 est une date cruciale dans l’histoire d’Aubertin. Elle affirme l’identité du village et marque l’apparition d’un nouveau centre de pouvoir entre une seigneurie d’Artiguelouve qui se délite et une commanderie qui vient de passer, après la Réforme, sous le contrôle des Barnabites de Lescar. Cinq générations de Navailles-Mirepeix vont se succéder à Aubertin.

Ce n'est qu'en 1773 que le village obtint de l'évêché sa propre église. L'église Saint-Augustin a été inaugurée en août 1867. Un porche a été ajouté devant le clocher au XXe siècle.

Lacommande :

L’ancien hôpital, classé sous la dénomination de commanderie, fut acheté par le département des Pyrénées-Atlantiques en 1987. Après une très importante rénovation, ce bâtiment est devenu un lieu de vie où se tiennent des expositions, des réunions, aux termes d’un heureux partenariat entre le Conseil général, la commune de Lacommande et la Route des vins de Jurançon.
Renouant avec une longue tradition d’accueil des pèlerins à Saint-Jacques-de-Compostelle, interrompue à la Révolution, la commune de Lacommande a rénové en 1997 l’ancienne maison Lassalle contigüe à l’hôpital pour la transformer en gîte d’étape entre Lescar et Oloron sur la Tolosane (ou chemin d’Arles ou chemin de Provence ou GR653).
Tout près de l’hôpital et d’un lieu où est signalé un pressoir en 1297, la Maison du Jurançon permet au visiteur d’aborder un autre aspect du patrimoine local.
L’église a aussi été classée  sous la dénomination d’église Saint-Blaise. Les chapiteaux de l’abside et de l’arc triomphal, miraculeusement bien conservés depuis le milieu du XIIe siècle, constituent sans doute l’aspect le plus remarquable de l’ensemble. Ici comme à Sainte-Marie d’Oloron, à Sainte-Engrâce ou à Uncastillo est intervenu le Maître d’Oloron pour représenter des scènes bibliques, des scènes profanes, des motifs floraux et un bestiaire roman. La petite chapelle nord, du début du XIIIe siècle, témoigne d’un gothique primitif de type cistercien par sa voûte en croisée d’ogives et, surtout, d’influences hispano-mauresques pour deux petites ouvertures fortement ébrasées percées dans les murs est et ouest. De l’extérieur, il est facile d’identifier cette construction médiévale jusqu’à environ mi-hauteur, avec ses deux pilastres et des éléments de corniche, surmontée par le clocher érigé selon un appareil bien distinct et où figure 1695, date d’une rénovation par les Barnabites.
L’ancien cimetière est situé sur l’emplacement d’un cloître qui était adossé au mur sud de l’église et au mur est de l’hôpital et qui disparut sans doute lors de la Réforme. Entre la Réforme et la Révolution, c’est à dire du temps des Barnabites, un grand nombre de stèles funéraires discoïdales furent érigées en ce lieu
35. Elles portent parfois un nom qui est celui d’une famille d'Aubertin ou de Lacommande.

Barnabites :  ordre religieux catholique de clercs réguliers fondé en 1530 à Milan par Antoine-Marie Zacarria, Barthélemy Ferrari et Jacopo Antonio Zacarria dans le but de prêcher, d'instruire la jeunesse et d'établir des missions. Outre les vœux communs aux différents ordres religieux, ils faisaient celui de ne pas rechercher les dignités de l’Église.